Congo-UE : Communiqué final du dialogue politique du 20 novembre


Ce vendredi 20 Novembre 2015, s’est tenu le dialogue politique entre la République du Congo et l’Union Européenne, au siège du Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération :

1. Ce dialogue se tient en application de l’article 8 de l’Accord de Cotonou qui régit les relations Afrique – Caraïbes - Pacifique et l’Union Européenne.

2. Les délégations du Congo et de l’Union Européenne à cette rencontre ont été conduites respectivement, par Monsieur Jean- Claude GAKOSSO, Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération et par Madame Saskia De LANG, Ambassadeur, Chef de la délégation de l’Union européenne en République du Congo.

3. Cette rencontre a permis aux délégations d’avoir des échanges approfondis sur le contexte dans lequel le référendum constitutionnel du 25 octobre 2015 s’est déroulé, l’évolution du processus démocratique en République du Congo, notamment les aspects liés au dialogue entre acteurs politiques nationaux, à la gouvernance électorale et aux droits de l’homme.

4. La question de la migration dans l’espace européen, avec ses multiples conséquences, a également fait l’objet d’un débat entre les deux parties.

5. La partie congolaise a salué l’approche constructive adoptée par l’Union européenne qui privilégie le dialogue en vue d’une compréhension mutuelle de la situation politique du Congo au lendemain du référendum constitutionnel du 25 octobre 2015.

6. L’Union européenne a pris note de l’évolution des institutions congolaises conformément aux dispositions de la constitution adoptée par référendum, le 25 octobre 2015, et promulguée par le Président de la République, le 6 novembre 2015.

7. Se référant aux principes établis dans la Charte africaine de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance, l’Union européenne a considéré que le contexte général de tension prévalant dans le pays lors du référendum ne permet pas d’en apprécier pleinement les résultats.

8. Les deux parties ont déploré les perturbations et actes de violence enregistrés dans certaines localités au moment où le référendum s’est déroulé.

9. Les deux parties ont reconnu la nécessité de restaurer la confiance entre les acteurs politiques congolais dans la perspective de l’amélioration de la gouvernance électorale qui permettra l’organisation d’élections libres transparentes et inclusives.

10. La partie européenne a souligné l’opportunité d’explorer une médiation nationale ou internationale pour faciliter le dialogue entre les acteurs politiques congolais.

11. La partie congolaise a rappelé, au regard des expériences déjà vécues, la capacité des acteurs politiques congolais à établir un dialogue direct et à trouver des solutions à leurs différends. Tout en considérant que la proposition d’une médiation est inopportune, elle a informé l’Union européenne de ce que le dialogue est déjà en cours sous diverses formes. Elle a aussi indiqué que la nouvelle Constitution promulguée le 6 novembre 2015 prévoit un organe chargé du dialogue qui pourrait être mis à profit, si nécessaire.

12. La partie congolaise a précisé qu’après la promulgation de la Constitution, l’attention porte désormais sur la gouvernance électorale qui a fait l’objet d’un consensus au dialogue de Sibiti, en juillet 2015. A cet effet, elle a indiqué qu’un projet de loi électorale a été élaboré et déjà distribué à tous les groupements politiques et à la société civile pour d’éventuels amendements.

13. L’Union européenne a souhaité la mise en œuvre des recommandations de sa Mission d’Observation des Elections (MOE) de 2002 et la présence d’observateurs internationaux, aux prochaines élections. A cet effet, elle a suggéré à la partie congolaise d’adresser une invitation écrite dès à présent.

14. La partie congolaise a, tout en indiquant que l’élection présidentielle aura bien lieu en 2016, précisé que les recommandations de la MOE de 2002 ont été prises en compte dans les différentes concertations, notamment au dialogue de Sibiti en 2015 et dans les réformes en cours relatives à la gouvernance électorale. Elle a aussi indiqué que la réglementation congolaise exige une demande écrite adressée au Ministre des Affaires étrangères pour obtenir l’accréditation relative à l’observation des élections.

15. En ce qui concerne le respect des libertés fondamentales, notamment l’accès aux médias et la liberté d’expression, la partie congolaise, tout en rappelant la réglementation en vigueur qui favorise l’équité, a exprimé sa volonté d’apporter les améliorations nécessaires. Par ailleurs, la partie congolaise a donné des informations sur les cas de décès et des personnes interpelées sur l’ensemble du territoire national, suite aux incidents survenus pendant la campagne référendaire.
16. Les deux parties se sont accordées sur la nécessité de promouvoir et de consolider la paix et la démocratie en République du Congo.

17. S’agissant de la migration, les deux parties ont déploré les drames engendrés par le phénomène migratoire dans l’espace européen. Elles ont souligné le besoin pour l’Europe et l’Afrique de travailler ensemble pour mieux la gérer et mettre en œuvre la déclaration et le plan d’action adoptés au Sommet de La Valette sur la migration tenu les 11 et 12 novembre 2015.

18. La partie congolaise a exprimé sa préoccupation face à la montée de l’extrémisme et la xénophobie dans certains pays européens et souhaité que les autorités européennes envisagent des mesures appropriées face à ce phénomène.

19. L’Union européenne a indiqué que les actes de xénophobie sont punis par la loi et qu’il convient de faire une analyse politique de l’impact du phénomène migratoire au niveau local.

20. Les deux parties se sont félicitées de l’esprit d’ouverture, de franchise, de compréhension et de respect mutuels qui a prévalu durant les échanges.

21. Elles ont émis le souhait de poursuivre ce dialogue dans le respect des conditions fixées par l’Accord de Cotonou et à organiser des réunions techniques sectorielles en cas de besoin.

Fait à Brazzaville, le 20 Novembre 2015

Dernière modification : 17/12/2015

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