Gladys Samba : Chanter pour émanciper les femmes

« Sacroudins ! ». C’est le mot que « Maman Glad » utilise quand elle veut prendre la parole. Cette Congolaise de 39 ans a toujours le sourire quand elle accueille amis et clients à l’Espace Kudia, son restaurant situé à Bacongo. Artiste, elle chante son univers en Lari ou en Français et émancipe les femmes congolaises en chanson.

JPEG « La femme africaine a perdu ses racines », constate Gladys. A travers sa musique, notamment ses berceuses, l’artiste veut faire passer des messages et éduquer la population sur des faits sociaux. « Aujourd’hui, les mères ne prennent plus le temps de bercer les enfants pour éveiller leur conscience », explique-t-elle.

Elevée par son père, Maman Glad apprend très vite à être autonome quand celui-ci décède à l’âge de ses 16 ans. Elle travaille aux champs, cultive le manioc et vend le foufou sur le marché pour payer ses études. A force de persévérer, elle réussit le concours de l’Ecole des Beaux-Arts de Brazzaville et y suit une formation de quatre ans. Depuis 2012, en parallèle de sa vie de chanteuse qui lui a permis de se rendre à Washington ou à Beyrouth (finaliste aux VIe Jeux de la Francophonie en 2009), elle donne des cours d’arts plastiques au collège CG Angola Libre.

Mais celle qui était tête d’affiche du Festival international d’expression féminine (Fief) l’année dernière à Pointe-Noire est aussi présidente de « l’Association des Femmes du Foyer », qu’elle a fondée. Il ne s’agit pas d’apprendre aux Congolaises à faire le ménage ou la cuisine, mais bien de créer un espace de partage, le « mbongui », qu’elle traduit comme étant « le lieu où on se retrouve ». Deux dimanches par mois, chez Kudia, elle éduque les jeunes mères, leur montre qu’elles peuvent devenir autonomes et créer leurs propres petites entreprises.

Surtout, elle accorde une grande priorité à la transmission des coutumes : « l’émancipation des femmes va de pair avec la tradition. Il faut la connaître pour la moderniser, et ainsi être sur le même pied d’égalité avec les hommes ! ».

Ce mélange de tradition et de création caractérise ses reprises de berceuses congolaises. Elle les interprétera le jeudi 8 mars à 18h30 à l’Institut Français de Brazzaville, à l’occasion de la journée internationale des femmes.

Concert « Les Mamans du Congo »
Institut Français de Brazzaville (ex-CCF)
18h30 - Entrée libre

Espace Kudia - chez Gladys
29 rue Ampère, Bacongo
Cabarets / Concerts tous les week-ends

Son dernier album « Absence » est disponible à l’espace Kudia (5 000 Fcfa)

Dernière modification : 08/03/2018

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