Loïc Mackosso : l’art de réconcilier les banques et les entreprises !

Au Congo, bon nombre d’entrepreneurs peinent à accéder à des financements, tandis que les banques, en retour, déplorent l’absence de projets « bancables ». En fondant Aries Investissements, Loïc Mackosso n’a qu’un rêve : réconcilier les deux univers pour favoriser le développement de son pays.

JPEGAprès un diplôme en droit des affaires obtenu à l’Université Lille 2 et une première expérience à Paris, en tant que juriste financier junior, au sein du cabinet Asset Allocation Advisors (AAA), Loïc Mackosso décide de rentrer au Congo en 2005. A l’époque, il intègre tout d’abord la Direction juridique de la Société Nationale des Pétroles du Congo (SNPC), pendant 3 ans, avant de rejoindre en 2009 la Banque de Développement des Etats de l’Afrique Centrale (BDEAC), où il prendra part à l’instruction de plusieurs projets d’investissements, en qualité de juriste en financement de projets. Si Loïc Mackosso avait en tête de monter Aries Investissements dès la fin de ses études, il lui fallait, pour le concrétiser, approfondir son expertise et son expérience du terrain, avant de sauter le pas.

« C’est lors de ce passage qui a duré 5 ans, que j’ai pu travailler sur de gros projets d’infrastructures en Afrique Centrale, tels que le financement du Port autonome de Pointe-Noire. Cette expérience m’a permis d’affiner mon projet et de maitriser les réalités locales car en tant que banquier à la BDEAC je réalisais combien il était parfois difficile pour les chefs d’entreprises de lever des fonds auprès des établissements de la place ».

En effet, force est de constater que les PME congolaises n’ont pas accès à un écosystème de financement assez diversifié pour poursuivre leur croissance. A titre de comparaison, une startup qui se lance en France peut bénéficier d’aide publique, de soutien de business angels, des capital riskeurs, des banques ou encore du marché financier. Ainsi, à chaque étape de développement de l’entreprise, cette dernière a en face d’elle une ressource qui lui correspond. « Ce qui n’est pas forcément le cas ici. Au Congo, on peut bénéficier du « love money » c’est-à-dire l’argent des proches mais à défaut, la seule possibilité que vous avez, c’est la Banque ». Cependant, beaucoup d’entreprises ne sont pas éligibles à des financements bancaires pour des raisons intrinsèques. Les banquiers ont des exigences qu’une jeune entreprise ne peut pas toujours satisfaire.

Ce constat poussera Loic Mackosso à démissionner en 2014 pour lancer Aries Investissements. Installé au 9ème étage de la Tour ARC à Brazzaville, ce cabinet de conseil accompagne ses clients dans la conduite de leurs projets d’investissement au Congo-Brazzaville et en Afrique, grâce à une large palette de services allant du conseil en financement de projets et levée de fond, au conseil en stratégie (fusion-acquisition, cession d’entreprises) en passant par le conseil en investissements. « Nous offrons une prestation globale dans le sens où nous sommes capables de préparer un dossier de financement. Mais au-delà de ça, on accompagne nos clients dans les discussions jusqu’au closing ». Au Congo, Aries Investissements travaille avec des startups, des PME dans différents secteurs (assurances, agroindustrie) mais aussi avec des grandes entreprises comme AERCO (gestionnaire des Aéroports du Congo), « que nous avons accompagné dans sa levée de fond de 18 milliards F CFA, ce qui est à ce jour notre plus grosse opération ». Dans la sous-région, le cabinet est régulièrement sollicité par BGFI Capital au Gabon ou encore ASCA (filiale du Groupe Attijariwafa Bank) au Cameroun et est référencé comme interlocuteur par des bailleurs de fonds comme Proparco, Banque Mondiale et la BAD (Banque Africaine de Développement).

Avec une équipe d’experts, Loic Mackosso s’apprête à lancer un fonds d’investissement – en private equity - surnommé « Emerging Congo Fund » (ECF). Ce fonds ciblera le segment des PMI/PME en développement et à fort potentiel de croissance au Congo et dans l’ensemble de la zone CEMAC. EFC interviendra sous forme de prises de participations minoritaires dans les PME œuvrant dans divers secteurs en croissance (agroalimentaire, NTIC, services financiers). Le but est de mettre l’accent sur des projets portés par de jeunes entrepreneurs souvent mis de côté par les banques, qui ne souhaitent pas prendre de risque en raison de leurs business model. « Il ne s’agira pas que d’un accompagnement financier, mais également technique et managérial. Dans certains cas, nous pourrons même imposer un directeur financier dans l’entreprise pour gérer les fonds ».

Dernière modification : 16/05/2019

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