Mpila : les militaires français œuvrent au déminage du site

Après le temps du secours médical vient le temps, long, du déminage. Une équipe de 9 militaires du 1er Régiment étranger de génie, spécialistes des opérations de déminage et dépollution, est arrivée le 9 mars en provenance de Libreville, où stationnent les Forces armées françaises du Gabon. Parmi eux, un médecin et un infirmier.

Conseillés par le lieutenant-colonel Sanchez, coopérant militaire français en poste à Brazzaville, et commandés par le capitaine Weis, les militaires français opèrent sur la zone du lycée de la Révolution qui jouxte les quartiers militaires de Mpila, épicentre des explosions. Ils travaillent en concertation avec les Forces armées congolaises et l’UNMAS (agence des nations Unies sépcialisées dans les actions de déminage ).

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Le lieutenant-colonel Sanchez, en poste au Congo, conseille les militaires des Forces françaises du Gabon.

A ce jour, plus de 300 munitions de gros calibre (obus, roquettes, grenades) ont été ramassées par les militaires français. Les engins collectés sont stockés dans un espace sécurisé dans l’attente que Mag (ONG spécialisée dans la dépollution/déminage) effectue leur transit vers un site dédié, à 65 kilomètres au nord de la capitale, où ils sont détruits. Détruire les engins sur place ne poserait pas de problèmes sérieux de sécurité. Mais le bruit des explosions pourrait créer des mouvements de panique chez les populations environnantes, encore traumatisées, souligne le capitaine Weis.

En plusieurs points de la zone, on aperçoit des balises faites de piquets de bois assemblés que relie un ruban rayée blanc et rouge. "Ce sont des grenades d’un type particulier. On ne peut pas les manipuler. Il nous faudrait les détruire sur place mais dans les conditions actuelles nous ne sommes pas en mesure de créer un périmètre de sécurité adéquat", précise le capitaine Weis.

"Que l’on se trouve en Afghanistan, au Liban ou au Congo, le danger ne s’efface jamais", entend-on dans toutes les bouches de ces militaires aguerris. C’est donc périmètre par périmètre, patiemment et avec une précaution toujours indispensable, que les militaires français "dépollluent" et sécurisent la zone qui leur est confiée. Avec l’aide de militaires congolais mis à sa disposition, l’équipe française a déjà pu "nettoyer" une zone de 2 hectares.

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Les engins ramassés sont stockées provisoirement par l’ONG Mag avant destruction sécurisée hors de la ville.

Mais la tâche est encore immense et elle prendra du temps. Au niveau des bâtiments effondrés et sous lesquels logent certainement des engins non explosés, le nettoyage va nécessiter un appui logistique plus important, avec notamment des véhicules de chantier.

Sous les gravats du lycée détruit, on ne trouve pas que des bombes. Les militaires français ont trouvé et collecté environ 300 livres qui seront remis à des associations. Autant de petites fleurs dans un champ de ruines.

Dernière modification : 23/03/2012

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