Portrait de Young Ace Wayé - Lauréat du Prix Découvertes RFI 2020

PNG

Young Ace Wayé est le Lauréat du Prix « Découvertes 2020 » attribué par RFI. Ce prix est venu récompenser son succès tant sur la scène urbaine congolaise qu’africaine et ouvre ainsi la voie à une riche carrière. 36 ans que ce Prix n’était pas revenu à un artiste congolais.

L’Institut français du Congo (IFC) qui a soutenu Young Ace Wayé dans l’élaboration de son projet, l’accompagne désormais dans la préparation de sa prochaine tournée africaine.

Pour valoriser cette belle réussite, l’Ambassade de France au Congo a décidé de revenir sur le parcours de Young Ace Wayé et de réaliser son portait.

Ambassade de France au Congo : Pourriez-vous vous présenter succinctement et nous faire le récit de votre parcours ?

Young Ace Wayé : Je suis Young Ace Wayé, mon nom à l’État civil est Rolf DERLY NGANGA, troisième d’une famille de cinq enfants j’ai grandi entre le Burkina Faso où mon père a été chercheur pour le compte du Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD) ; le Congo-Brazzaville qui est mon pays d’origine ainsi qu’en Afrique du Sud où j’ai étudié. J’écoute de la musique depuis tout petit mais ce n’est qu’au début des années 2000 que j’ai découvert le hip-hop. Et c’est le rap français qui m’a donné envie d’écrire mes premiers textes. J’ai commencé alors à rapper au sein du groupe « Bones Clique », puis en solo. En 2015, nous créons la structure « Mercure Studios » avec deux associés. Avec « Mercure » nous avons remporté plusieurs sacres avec nos divers projets parus, jusqu’à celui, qui est à ce jour, le plus grand. J’ai nommé le Prix Découvertes RFI.

Ambassade de France au Congo : Qu’avez-vous ressenti lorsque vous avez remporté le prix Découverte RFI ? Comment ont réagi vos proches ?

Young Ace Wayé : Lorsque nous avons appris que nous étions les gagnants du prix découverte RFI nous avons été chargé par une émotion très positive, d’abord parce que ça faisait 36 ans que le Congo n’avait pas remporté ce sacre mais également parce que c’était un accomplissement pour un mouvement musical dont les acteurs se battent au quotidien ; et parfois même seuls. Ce prix n’est pas juste le mien, mais il est pour toute la musique urbaine, pour tous les jeunes qui gardent espoir et qui ne baissent pas les bras. Pour cette raison, ce Prix a une très grande valeur à mes yeux.

À l’annonce des résultats, tous ceux qui m’ont soutenu : les artistes, les médias, ma famille et mes proches bien-sûr, nous avons tous été très heureux. On aurait cru que c’était le 15 août (rires). J’ai pris ma mère dans mes bras et on a pleuré de joie. Je crois que mon père d’où il est doit être fier de moi.

Ambassade de France au Congo : Comment est né votre envie de monter sur scène ? De faire de la musique urbaine ?

Young Ace Wayé : Depuis tout petit, j’ai toujours aimé chanter, danser et j’ai également fait un peu de théâtre. Je pense que c’est de là qu’est née cette envie de faire de la scène.

Toutefois, mon souhait de faire de la musique urbaine m’est venu de mon envie de m’exprimer et de mon raconter le monde qui m’entoure ; tout particulièrement les problématiques actuelles de notre jeunesse et ceux à quoi nous aspirons.

Ambassade de France au Congo : Quels sont aujourd’hui vos inspirations musicales ?

Young Ace Wayé : La société, la jeunesse, la vie, mon quotidien, les problèmes de délinquance juvénile, les messages d’espoirs … Tous ces sujets m’inspirent et me parlent. Comme je le l’ai dit plus haut, je m’inspire de ce qui m’entoure et des réalités sociales.

J’aime aussi faire partager mon univers avec ceux qui m’écoutent.

Ambassade de France au Congo : Pourriez-vous nous dire quel rôle et quel impact a joué le soutien apporté par l’Institut français du Congo dans le démarrage de votre jeune et prometteuse carrière ? Quel a été ce soutien ? Comment s’est-il matérialisé ?

Young Ace Wayé : Dans un premier temps, l’Institut Français du Congo (IFC) m’a permis de découvrir ce qui se faisait en matière de musique urbaine au Congo car je venais y voir des spectacles. L’IFC a accueilli des événements tels que les « Beat Street Awards » que j’ai notamment pu remporter à deux reprises.

Et quand il a été temps pour moi de monter su scène, l’Institut français m’a donné la chance de montrer ce que je savais faire devant des professionnels de la musique venus du monde entier au cours d’événements tels que le « African Music Forum » ou encore le « Mbote Hip-Hop » : des événements qui ont donné un nouvel élan à ma jeune carrière.

Je ne peux pas parler du soutien de l’Institut français au passé en disant qu’elle a été mais plutôt qu’elle est cet apport-là, car figurez-vous ils sont en train de m’aider à préparer ma tournée africaine mais aussi de m’aider à préparer l’avenir. Je tiens donc à saisir cette opportunité pour solennellement remercier Madame Marie AUDIGIER, Directrice déléguée de l’Institut Français du Congo et aussi toutes ses équipes qui m’ont toujours soutenu et accompagné.

Ambassade de France au Congo : Quel est votre message à la jeunesse du Congo ?

Young Ace Wayé : À travers ses mots je veux dire que nous la jeunesse nous avons toutes les possibilités et nous avons aujourd’hui tous les outils nécessaires pour façonner notre avenir, notre destin, notre futur. Ne laissons personne nous dire qu’on ne peut rien accomplir, nous devons croire en nous-même et par-dessus tout, nous devons savoir vivre et travailler ensemble.

J’enregistre mes œuvres dans un petit studio maison mais je suis accompagné de mes amis, tous autodidactes et qui excellent dans leur domaine. Regardez ce qu’ensemble, nous avons réussi à accomplir. « Seul nous sommes forts, même très forts. Mais ensemble, personne ne peut nous arrêter ».

Les seules limites sont celles que nous nous fixons.

Ambassade de France au Congo : Quel conseil donneriez-vous à la jeunesse congolaise qui souhaite s’inspirer de votre réussite ?

Young Ace Wayé : Travaillez, travaillez sans cesse. Si l’envie d’abandonner vous prend faites une pause mais n’abandonnez jamais. Sachez vous entourer de personnes qui ont la même vision et les mêmes objectifs que vous. La clé réside-là.

Ambassade de France au Congo : Comment réussissez-vous à concilier vos activités musicales à vos activités professionnelles chez Brooks Brother ?

Young Ace Wayé : J’ai la chance de travailler pour un employeur très flexible qui me permet de poursuivre mes rêves et en même temps de remplir mes obligations.

Grâce à un emploi du temps flexible je peux être au boulot un jour et être sur scène ou sur un plateau télé le jour qui suit.

Je consacre alors le temps que j’ai en dehors du travail, à ma famille et à travailler sur ma musique.

J’en profite pour faire un clin d’oeil à Madame Christelle FILA et à toute l’équipe de Brooks Brothers de Brazzaville.

Ambassade de France au Congo : Quels sont vos perspectives d’avenir désormais ?

Young Ace Wayé : Donner une nouvelle image à la musique urbaine au Congo mais aussi partout en Afrique à travers le travail. Participer à des projets qui seront bénéfiques à la jeunesse africaine et créer des ponts culturels entre le Congo et le reste du Monde.

Je souhaite désormais poursuivre mes créations en commençant par mon premier album.

Dernière modification : 16/02/2021

Haut de page