Semaine littéraire à l’IFC de Brazzaville, autour de l’écrivain René Frégni

Elèves, professeurs et parents du lycée français Saint-Exupéry de Brazzaville et de quelques autres, participants aux rencontres-débats et aux ateliers d’écriture qu’il a animés : de très nombreuses personnes, à Brazzaville, ont vécu « à l’heure Frégni » entre le 2 et le 9 mai, à l’occasion d’une semaine littéraire et provençale organisée par les enseignants du Lycée Français, et que l’écrivain, originaire de Marseille, a marquée de sa forte personnalité.

Un « auteur de polars » doublé d’un poète

René Frégni s’est d’abord fait connaître comme auteur de romans policiers avant de se tourner vers des récits plus autobiographiques, et, dernièrement, de rejoindre la prestigieuse collection blanche des éditions Gallimard.
Au fil de ses derniers ouvrages, il raconte son enfance et sa jeunesse « d’herbe sauvage » dans les quartiers populaires du Marseille de l’après-guerre ; explique son parcours d’autodidacte qui rencontra, à 19 ans, sa première vraie paire de lunettes en même temps que la passion de la lecture et de l’écriture. Il y évoque, au fil des pages, les rencontres qui ont nourri son inspiration d’écrivain : les expériences amoureuses, bien sûr, mais aussi les milliers d’anecdotes et portraits glanés au fil de ces ateliers d’écriture qu’il anime régulièrement en milieu carcéral.
La tendresse d’un fils pour sa mère, d’un père pour sa fille, l’amour des femmes, l’amitié indéfectible des hommes et en particulier des truands, les beaux paysages de cette Provence aux étés brûlants, aux âpres hivers : tels sont les points forts de cette œuvre, si méridionale par le violent contraste qu’elle propose entre ombre et lumière, entre appel de la chair et conscience de la mort, et par une écriture qui oscille constamment entre le rude et le délicat, entre le charnel et le sensible.

« L’écrivain est un lombric »

A écrivain qui parle de soi, questionnement très personnel … Aussi le jeune public venu l’écouter à l’Institut Français, le mardi 3 mai, a-t-il assailli René Frégni de questions très directes : « Comment vous vient l’inspiration ? Est-ce que tous vos personnages sont vrais ? Pourquoi dans vos derniers livres écrivez-vous beaucoup sur votre deuxième fille, et presque pas sur la première ? A quoi ça sert d’écrire ? A quoi sert un écrivain ? ».
Après leur avoir redit à quel point la lecture des grands auteurs l’avait construit, René Frégni a invité ses jeunes auditeurs à se saisir eux-mêmes de tout ce qui passe à leur portée (« Comme le dit Montaigne, l’écrivain est semblable à une abeille, qui fait son miel, original, unique, à partir de tout ce qu’elle a butiné. Ou encore, à un lombric qui digère tout ce qu’il absorbe et le transforme en humus »). Quant à aux situations et aux personnages, ils sont à la fois vrais et faux, et Frégni se range à l’avis du grand Giono, cet autre habitant de Manosque : « La vérité objective n’existe pas… Ce qui importe, c’est d’être enchanté !. »

Une semaine sous le signe de la Provence

Trois films inspirés par la Provence avaient été programmés à l’Institut Français du Congo :
- Le Hussard sur le toit, de Jean- Paul Rappeneau, d’après le roman de Jean Giono ;
- Les quatre saisons d’Espigoule, film de Christian Philibert qui retrace une année de la vie d’un petit village provençal ;
- Manon des Sources, de Claude Berri, d’après le roman de Marcel Pagnol.

Egalement marquée par une séance de dédicace, et par de nombreux échanges et débats dans les lycées ou avec des écrivains congolais, cette semaine résolument méridionale s’est achevée par un buffet « Cuisine du sud et huile d’olive », sous les paillottes d’un restaurant qui surplombe le fleuve Congo.

Pour en savoir plus :

R. Frégni est l’auteur de douze romans et de quatre albums pour la jeunesse. La plupart de ses ouvrages sont disponibles dans la collection Folio.

Il a obtenu le prix Paul Léautaud en 1998 pour « Elle danse dans le noir », livre dans lequel il évoque la figure de sa mère .

« La Fiancée des corbeaux », son dernier ouvrage, vient de sortir aux éditions Gallimard

Dernière modification : 16/05/2011

Haut de page