Sœur Ida : « Eduquons les femmes »

La Sœur Ida Pélagie Louvouandou, à travers l’école de la Case Dominique et la Maison d’accueil Eva, vient en aide aux jeunes congolais exclus du système scolaire et de la société. Surtout, elle met l’accent sur l’éducation des femmes. Et ce dès le plus jeune âge.

JPEG « La vie de Jésus était surtout entourée d’hommes, alors pourquoi pas les femmes ? ». Apôtre au féminin, cette Congolaise de 53 ans a prononcé ses vœux définitifs en 2000 chez les petites sœurs dominicaines. Touchée par les enfants déscolarisés en situation de traumatisme à cause de la guerre civile des années 1990, elle a fondé avec d’autres sœurs, la même année, la Case Dominique. Alors que celle-ci est une école spéciale destinée aux enfants atteints d’handicaps, tels que l’autisme, la Maison Eva, que Sœur Ida dirige depuis octobre 2017, et qui a bénéficié du soutien de l’association Badao de Yann Arthus-Bertrand, s’adresse aux jeunes en difficulté, porteurs d’un projet professionnel.

Aujourd’hui, celle qui a passé à distance un master professionnel en gestion du système éducatif est particulièrement touchée par le décrochage scolaire précoce des jeunes filles. « Mises à l’écart, peu de filles terminent le cycle primaire et les parents s’en inquiètent moins car selon eux, elles pourront toujours s’occuper des travaux ménagers. » Un véritable danger pour la société congolaise selon Sœur Ida, car l’alphabétisme touche en majorité les femmes. « Certaines ne savent même pas lire la notice des médicaments ! », s’exclame-t-elle. Et d’ajouter, « la couture ou la coiffure deviennent des métiers de l’échec, destinés aux illettrées ». Il lui paraît donc primordial de soutenir les femmes dans leur projet professionnel. Ainsi, sept jeunes sur les douze du programme de soutien scolaire et d’orientation professionnelle « Eva » sont des jeunes filles.

JPEG

Au-delà de la formation scolaire et professionnelle, Sœur Ida met aussi l’accent sur les cours d’éducation sexuelle. Deux fois par trimestre, pendant la récréation ou après les cours, en classe mixte ou séparée, elle sensibilise les enfants au respect du corps, à la confiance en soi, à la fierté d’être une femme, ainsi qu’à la prévention du viol. « J’apprends aux filles comme aux garçons à reconnaître les parties du corps publiques et privées », explique-t-elle. Puis la Sœur part dans un fou rire et confie que « ce qu’on aime, c’est danser dans la cour : l’école éduque et permet aussi d’assumer son corps ! ».

Dernière modification : 17/04/2018

Haut de page