Troisième édition du Festival International du Livre et des Arts Francophones (FILAF) à l’Institut Français de Brazzaville

Ce festival, conçu et dirigé pour la troisième fois par Khady-Fall Diagne, professeur au lycée français, docteur ès lettres, spécialisée en littérature francophone, était consacré cette année au thème « Migrances et voix d’exils ».

Le festival s’est tenue du 2 au 6 avril à l’Institut Français du Congo (IFC) à Brazzaville, tout en proposant des événements hors les murs à la faculté de Lettres, Arts et Sciences Humaines de l’Université Marien Gouabi (UMG) à l’occasion de deux conférences « A quoi sert la poésie ? » , « Ecrire au-delà des mûrs, au-delà des frontières » et d’un atelier artistique « la poésie au féminin », ainsi que dans plusieurs lycées de la capitale.

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De nombreux auteurs africains et européens ont été invités à Brazzaville pour l’occasion : le romancier belge Jean-Pierre Orban, l’écrivaine ivoirienne Véronique Tadjo, l’auteur, poète et slameur franco-camerounais Capitaine Alexandre, le romancier belgo-congolais In Koli Jean Bofane, l’écrivain franco-malgache Jean-Luc Raharimanana, la romancière française Gaelle Rauche, l’écrivain ivoirien Gauz et le poète-slameur franco-camerounais Albert Morisseau-Leroy.

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Une nouvelle fois, le FILAF a eu le plaisir d’accueillir le journaliste Yvan Amar (RFI), modérateur des différentes tables-rondes et dont le talent n’est plus à prouver. Destiné à ouvrir les lycéens à la littérature, celui-ci a coordonné un concours de « congolismes » sur le modèle de son « mot de l’actualité » diffusé sur RFI. Les textes des gagnants ont été relayés à l’antenne.

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Les lycéens brazzavillois issus de plusieurs établissements (lycées Saint-Exupéry, Nganga-Edouard, Cheminade, de la révolution, Thomas Sankara…) ont aussi pu participer au « Grand concours des lycéens du FILAF », récompensant les meilleures productions littéraires lycéennes et dont les prix ont été remis en la présence de S.E.M l’Ambassadeur de France, Bertrand Cochery.

La semaine a été rythmée par les expositions et performances de très grande qualité de Fred Ebami (peintre, graphiste, et designer franco-camerounais), de Jean-Wilfried Djaha (artiste plasticien kinois), de Fanie Fayar (compositrice et interprète congolaise), de Caroline Bentz (musicienne, compositrice, interprète), ainsi que de Gladys Samba & les mamans du Congo (groupe musical congolais). Suite au succès de la première du spectacle de danse contemporaine « Jazz et vin de palme » de la compagnie Cap Congo en septembre 2018 inspiré de la nouvelle éponyme d’Emmanuel Dongala, une nouvelle représentation a été proposée à Brazzaville le 6 avril, en prélude à la tournée africaine de la compagnie. Le spectacle a de nouveau fait salle comble, et été plébiscité par un public jeune et enthousiaste. Enfin, plusieurs films ont été projetés : « voix de femmes », « la pirogue », et « Yao », dont Véronique Tadjo est auteur de l’adaptation romanesque. L’Opéra Slam Baroque de Capitaine Alexandre a clôturé le FILAF avec un spectacle à la croisée des disciplines artistiques et des cultures.

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Tournée vers l’actualité, cette nouvelle édition a permis d’examiner sur tous les angles, les termes d’immigration et d’exil, et leur influence dans la création littéraire et artistique des auteurs et artistes présents. Le festival a mis en exergue que l’exil, traditionnellement associé à de la souffrance et à un déracinement, est aussi une source infinie d’inspiration, entre quête d’identité, dépassement des imaginaires et enrichissement de la langue française. Le thème de ce FILAF fait d’ailleurs écho au dialogue philosophique et musical tenu par Nadia YALA KISUKIDI le 31 janvier 2019 lors de la dernière Nuit des idées à Brazzaville, qui, partant de l’expérience du dilemme d’une « double-absence », avait convaincu le public qu’il s’agissait davantage d’une « double-présence », une richesse de se savoir appartenir à deux cultures.

Au total, plus de 3000 étudiants et élèves ont participé aux événements hors les murs dans les différents lycées brazzavillois, à l’UMG ainsi qu’à l’institut français de Brazzaville, leur donnant accès à une programmation culturelle accessible et variée. L’IFC de Brazzaville a accueilli plus de 2600 personnes en 5 jours.

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Dernière modification : 15/04/2019

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